Mon combat pour le rugby au Féminin

Publié par Domitille | Fév 18, 2021 | Actualités, Jouer au rugby, Portraits

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Dans ce premier article, nous allons revenir avec elle sur la situation du rugby. La deuxième ligne, qui a conscience d’être plus proche de la fin que du début de sa carrière, aborde avec beaucoup de sérieux sa préparation pour la Coupe du monde. Après une dizaine d’années au plus haut niveau, l’une des premières joueuses à avoir été sous contrat fédéral, a également à cœur de faire évoluer son sport en s’engageant dans divers comités et groupes de travail.

Lenaïg Corson, tu interviens dans beaucoup de comités, commissions, groupes de travail. Tu es chargée RSE au Stade Français. Trouves-tu encore du temps pour faire du rugby ?
“Oui (rires). Ma priorité des priorités, c’est le rugby. Je sais que je suis sur une fin de carrière et j’ai vraiment envie de profiter à fond de ce que je vis. J’ai la chance d’être professionnelle mais ça reste quand même une organisation du temps parce qu’en plus, plus j’avance dans l’âge, et plus je dois être rigoureuse sur les entraînements et la récupération. Les journées sont très très chargées. Mais c’est aussi comme ça que je trouve mon équilibre de vie”.

Le tournoi des six nations a été reporté car certaines équipes ne pouvaient pas assurer la sécurité des joueuses. Qu’est-ce que ça t’inspire ?
“Le gros souci qu’on a aujourd’hui, c’est que les autres nations européennes n’ont pas les même privilèges que les françaises ou les anglaises. Par exemple, les joueuses italiennes et irlandaises ne sont pas professionnelles, et seules quelques joueuses écossaises le sont.

Alors cela pose des questions d’égalité de statut entre les équipes dans notre tournoi. Une équipe comme l’Italie, par exemple, ne pouvait pas mettre en place suffisamment de précautions anti-covid pour se déplacer, pour mettre en place des bulles sanitaires, etc. Du coup, le tournoi a été reporté. C’est déjà compliqué pour les garçons alors qu’ils ont le statut professionnel, donc chez les filles, je te laisse imaginer…”

On vient d’annoncer le six nations pour avril. Compte-tenu de la situation sanitaire qui est assez changeante, évolutive, est-ce que tu penses qu’on pourra le jouer ?
“Moi j’ai bon espoir. En tout cas, je me prépare pour et toute l’équipe le fait aussi. J’ai espoir que la situation s’améliore dans les semaines à venir. On sait qu’on va peut-être nous amener à faire un troisième confinement, on verra bien. Aujourd’hui, personne dans le monde n’est capable de te dire de quoi demain sera fait. On est dans l’incertitude la plus complète. La seule chose qu’on peut maîtriser c’est maintenant aujourd’hui.

Ça fait bientôt un an qu’on vit cette situation et on s’est adaptées. C’est pas facile tous les jours, ça c’est clair, mais on est obligées de s’adapter. Et faire des plans sur la comète ou imaginer des choses de façon très négative ou très positive, ça peut nous faire du mal. Donc on vit au jour le jour. On est obligées de le faire quand on est sportives de haut niveau”.

Comment as-tu réussi à gérer cette année particulière ?
“Lors du premier confinement, je ne savais pas combien de temps cette situation allait durer, si on allait pouvoir reprendre un rythme de vie, reprendre le rugby. J’ai continué à m’entraîner en faisant comme si on allait pouvoir reprendre demain. Malheureusement, on ne peut faire que ça aujourd’hui.

C’est dur parce qu’il n’y a pas de compétitions et on aimerait bien matcher. Mais il faut aussi prendre du recul parce que la crise n’impacte pas que le sport mais tous les milieux. A côté de nous, il y a des restaurateurs, des patrons de bars qui aimeraient bien ouvrir et gagner un peu leur vie plutôt que de ne verser que des charges en fin de mois. Dans l’évènementiel, la situation est aussi très précaire. Donc j’ai plutôt une pensée pour tous ces personnes qui sont à leur compte, qui ont le couteau sous la gorge et qui sont dans des situations précaires. J’essaie de relativiser comme ça”.

La crise sanitaire a aussi eu un impact important sur le championnat. Comment les joueuses l’ont-elles vécu ?
“Cette année, notre championnat s’est arrêté lors du 2e confinement. On l’a très mal vécu. Surtout que tous les meilleurs niveaux – qui eux sont professionnels – ont pu reprendre leur activité et leurs matchs comme si de rien n’était. Par contre, nous, qui sommes le meilleur niveau français du rugby féminin, on ne pouvait pas avoir de matchs.

Alors suite à cela, il y a eu une grande concertation. Avec Provale, toutes les joueuses de l’Elite 1 et l’Elite 2 ont été consultées pour savoir ce que les joueuses voulaient – et bien évidemment, nous, on voulait matcher – et savoir comment on pouvait s’y prendre”...

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