Engagée pour l’égalité femmes-hommes

Publié par Domitille | Mar 23, 2021 | Actualités, Jouer au rugby, Portraits 

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Lors des deux premiers articles, nous avons parlé professionnalisation des joueuses et du championnat et engagement écologique. Dans ce troisième chapitre, Lenaïg nous livre son point de vue sur l’engagement citoyen de la sportive et nous parle de son combat « féministe », de l’égalité femmes-hommes.

Des athlètes comme Megan Rapinoe, Naomi Osaka, Serena Williams ou d’autres s’engagent sur des sujets sociétaux (égalité femmes-hommes, racisme, homophobie, etc.). Est-ce qu’une athlète de haut niveau peut ou doit porter des messages politiques ?
“Quand j’ai communiqué sur l’environnement sur les réseaux sociaux, je ne l’ai pas fait pour ça. J’ai parlé de ces sujets parce que j’y crois, parce que je suis engagée à titre personnel. Communiquer dessus, c’était l’étape d’après et celle que j’avais le plus de mal à faire parce que je ne me sentais peut-être pas légitime. Je me disais que c’était peut-être pas à moi de le faire. Même mes parents étaient plutôt frileux que je communique dessus, on ne me poussait pas vraiment à le faire“.

As-tu beaucoup hésité à parler de toi autrement qu’à travers tes performances sportives ?
“Oui, j’ai beaucoup hésité avant de poster cette vidéo sur les réseaux sociaux. C’était une réelle prise de position sur un sujet autre que le rugby ou le sport féminin. Je suis connue pour être une joueuse et j’avais peur de ne pas être comprise si je parlais d’autre chose, ou qu’on me renvoie que mon rôle n’était pas là.

Donc voilà, j’ai hésité. Mais, je me suis dit que si personne ne le faisait, qui le ferait ? Alors je me suis lancée, sans chercher à donner de leçon. Je ne me permettrais pas de dire “moi je fais bien et pas vous”. Mais l’idée c’est de dire que plus on sera nombreux et mieux ça sera. C’est un peu comme au rugby finalement. C’est un projet commun qu’on doit avoir. Prendre tous conscience qu’on a qu’une seule planète et que plus on sera nombreux à faire des choses dans son quotidien, plus ca sera bénéfique pour la planète et pour les humains.

Et finalement, ça s’est révélé positif. J’ai vu que les gens étaient réceptifs et je me suis dit que mon rôle pouvait aussi être celui-là, d’éveiller les consciences, de sensibiliser”.

Est-ce que c’est pas aussi le rôle des athlètes, comme de tout citoyen, de s’engager sur des sujets de société ?
“Oui, finalement, parce qu’aujourd’hui, nous les sportifs, on a de la chance. On a une image positive parce qu’on véhicule des émotions aux gens à travers le sport. On est visibles et cette visibilité là et on a envie de la mettre un peu à profit pour des engagements qui nous tiennent à cœur.

Après, le problème c’est qu’on est vite catalogué. Moi ça y est, je suis vue comme écolo ! On me place dans cette catégorie et je déteste qu’on mette des gens dans des cases. Mais malheureusement, c’est ce que font les gens et on ne pourra pas les empêcher de penser comme ça”.

Tu es aussi très engagée dans le développement du rugby féminin et l’égalité femmes-hommes. On en est où niveau égalité dans le rugby ?
“Malheureusement, la femme est habituée à beaucoup d’inégalités depuis très très longtemps. On part déjà de ce constat là. Mais step by step, on arrive à avoir un peu plus tous les ans, parce qu’il y a des femmes qui se battent, parce qu’il y a aussi des hommes qui ont envie de défendre les femmes.

Aujourd’hui, on a envie de croire, de manière utopique, à l’égalité entre les hommes et les femmes. Mais il y a tellement de choses qui nous rappellent qu’on est des femmes. On est un peu rabaissées, on n’a pas notre mot à dire, on subit des clichés. On nous a appris à moins oser aussi. Et puis, on a une vie dure, avec une charge mentale énorme. Du coup, professionnellement derrière, peut-être que les femmes osent moins, ambitionnent un peu moins. Et on reste cantonnées à notre condition de femme.

C’est un combat d’être une femme, mais c’est un combat qu’on a envie de mener parce que justement, quand on est des joueuses de rugby, on ne lâche rien sur le terrain et dans nos vies. Donc on est capables de casser les clichés et de répondre aux gens qu’on a le droit d’être une fille et de jouer au rugby, qu’on peut être lesbienne ou non et jouer au rugby, qu’on peut être féminine ou pas et jouer au rugby. En fait, on a le droit d’être qui on veut quand on joue au rugby”...

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